Décryptage – Lutte contre le terrorisme: le renseignement face à ses limites

C’était vendredi dernier (25 septembre 2020). En plein centre de Paris. Un homme armé d’un hachoir attaquait deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.

Sans mobile apparent. Sans, en tous cas, avoir éveillé les soupçons des services spécialisés, tant son profil ne cadrait pas avec celui de l’auteur d’actes terroristes pour lesquels il est aujourd’hui poursuivi. L’épisode donne à réfléchir. Il illustre en tous cas le concept de “menace endogène” rappelé, ces derniers jours, par les responsables du renseignement. Celui d’individus passant sous les radars, et capable de passages à l’acte presque impossibles à prévoir. Et pose, en creux, la question des limites du renseignement dans la lutte contre un terrorisme qui échappe aux schémas classiques.

Notre invité :- Bernard Squarcini, ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et président du Cabinet d’intelligence stratégique Kyrnos- Driss Aït Youssef, docteur en Droit public et président de l’Institut Léonard de Vinci.

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L’ambiguïté de Joe Biden envers les Afro-américains



S’il existe un élément qu’il est possible de prédire pour l’élection présidentielle américaine de novembre, c’est l’orientation du vote des minorités. Dans le cas des Afro-américains, 91 % d’entre eux ont voté pour Hillary Clinton en 2016. Cet excellent résultat masque pourtant une chute du taux de participation de ces derniers de 7 points lors de ce scrutin présidentiel par rapport à 2012. Si en 2020 ce schéma de soutien massif au candidat démocrate devait se reproduire au profit de Joe Biden, leur mobilisation serait, cette fois encore, un facteur déterminant. L’ancien vice-président, qui semble être apprécié par la communauté noire, n’a pourtant pas un passé qui plaide en sa faveur. Pour le comprendre, un retour sur sa longue carrière politique s’impose. Par Théo Laubry


Élu pour la première fois sénateur du Delaware en 1973, Joe Biden arrive sur la scène politique nationale dans un contexte totalement nouveau. Les États-Unis, au cours de la décennie précédente, ont entamé une transition législative pour plus de reconnaissance et d’inclusion envers les Afro-américains. Grâce à la mobilisation des militants et de figures comme Martin Luther King ou Jesse Jackson, le Mouvement des droits civiques obtient dans les années 1960 l’abolition des lois Jim Crow qui avaient institutionnalisé la ségrégation raciale au sortir de la guerre de Sécession, et la promulgation du Voting Right Act sous la présidence de Lyndon Johnson. Les avancées sont considérables. En moins de dix ans, l’Amérique semble s’être débarrassée d’une grande partie de ses démons. Ces changements ne sont pourtant pas vus d’un œil favorable par une partie des Américains et de la classe politique. Le Parti républicain, bien qu’héritier d’Abraham Lincoln, s’y oppose dans son ensemble tout comme la frange la plus conservatrice du Parti démocrate.

Un positionnement politique conservateur dans les années 1970

À son arrivée à Washington, Joe Biden tente de trouver sa place au sein de la majorité démocrate à laquelle il appartient désormais. Il tâtonne et fait preuve de positionnements parfois paradoxaux, notamment sur les thématiques raciales. Alors même qu’il soutient l’extension de la loi Voting Right Act, les sanctions contre le régime sud-africain promoteur de l’apartheid ou encore la création du Martin Luther King Day, Joe Biden s’oppose pourtant à une mesure emblématique d’intégration raciale : le busing. Mise en place en 1971 à Charlotte pour la première fois, cette pratique consiste à modifier les itinéraires des bus scolaires pour favoriser la mixité sociale dans les écoles. En effet, les communautés vivant chacune au sein de quartiers distincts, l’organisation des transports scolaires sur le critère géographique favorise des écoles blanches et des écoles noires. Bien qu’abandonnée à la fin des années 1980 car inefficace, notamment parce que les familles blanches contournent le busing en envoyant leurs enfants dans des écoles privées, cette mesure a représenté un réel espoir deux décennies plus tôt. Lors d’une interview en 1975 dans un journal de son état d’adoption, le Delaware, Joe Biden détaille la vision qui le guide à propos des politiques d’intégration raciale : « Je n’adhère pas au concept, populaire dans les années 60, qui disait : nous avons réprimé l’homme noir pendant 300 ans et l’homme blanc est maintenant bien en tête dans la course à tout ce qu’offre notre société. Pour égaliser le score, nous devons maintenant donner à l’homme noir une longueur d’avance, voire retenir l’homme blanc ». Au-delà de propos qui paraissent aujourd’hui conservateurs, ils traduisent surtout l’état d’esprit politique des années 1970. Le Parti démocrate est sur le point de mettre fin à la parenthèse keynésienne initiée par Roosevelt au sortir de la Grande Dépression. L’individu va prendre le pas sur le collectif. Le chacun pour soi va s’imposer. La place de l’État va reculer. La tornade Ronald Reagan arrive à grand pas.

En 1977, quatre ans avant cette révolution néo-libérale et conservatrice, Joe Biden justifie son opposition à certaines mesures d’intégration comme le busing : « À moins que nous ne fassions quelque chose à ce sujet, mes enfants vont grandir dans une jungle raciale avec des tensions tellement élevées qu’elle va exploser à un moment donné ». Cette fois, toute la rhétorique raciste est présente. Sans conséquence, voire même banale pour l’époque, cette déclaration refait surface en 2019. Kamala Harris, actuelle colistière de Joe Biden, l’attaque frontalement lors d’un débat télévisé durant les primaires démocrates. Elle-même a pu bénéficier de ce dispositif lorsqu’elle était écolière en Californie : « Il y avait une petite fille qui faisait partie de la seconde génération à intégrer les écoles publiques. Et elle était emmené en bus à l’école tous les jours. Cette petite fille, c’était moi. » lui explique-t-elle. Kamala Harris, qui fait grande impression ce soir-là, enchaîne en évoquant les liens qu’entretenait Joe Biden avec certains hommes politiques ouvertement racistes et ségrégationnistes. Quelques semaines auparavant, Joe Biden avait très maladroitement exprimé de la nostalgie à propos de son travail avec deux élus de ce type : « Eh bien devinez quoi ? Au moins il y avait une forme de courtoisie. Nous n’étions pas d’accord sur grand-chose mais on travaillait ». Les deux hommes en question se nomment James Eatland et Herman Talmage. Le premier, sénateur du Mississippi jusqu’en 1978, ne cessa de répéter que les Afro-américains appartenaient à une race inférieure. Le second s’opposa à toute mesure visant à mettre fin à la ségrégation raciale au cours de ses différents mandats. Quoique moins extrême et ne votant pas comme ces derniers, Joe Biden n’en représente pas moins l’archétype même du politicien appartenant à l’establishment de la capitale, prêt à s’attabler avec n’importe qui par simple proximité de classe.

Crime Bill 1994 : qu’en conclure vingt-cinq ans après ?

Pendant presque quinze ans, Joe Biden est un sénateur parmi d’autres. Sa carrière politique décolle réellement lorsqu’il est désigné président du Comité judiciaire du Sénat en 1987. À cette période, les États-Unis connaissent une flambée des crimes violents. Une augmentation de 39 % de faits de violence constatée entre 1983 et 1993 pousse Bill Clinton à agir. Joe Biden se charge alors de l’écriture d’une nouvelle loi pour lutter contre le crime, et mène le processus législatif. Après de longues négociations avec les différentes sensibilités démocrates, un consensus émerge. Le VCCLEA, acronyme pour Violent Crime Control and Law Enforcement Act, voit le jour et se décline en deux volets. Le premier prévoit le recrutement de 100 000 policiers en six ans dont 50 000 affectés à la police de proximité ainsi qu’une enveloppe de 9 milliards de dollars pour le système pénitentiaire. L’Habeas corpus pour les trafiquants de drogue est restreint et l’on prévoit la création de camps pour les jeunes délinquants. Ainsi, un budget d’environ 2 milliards de dollars est consacré à la prévention. Le second volet s’attache aux violences faites aux femmes. Les peines sont durcies pour les coupables de ce type d’acte, notamment les récidivistes. Cette partie de la loi prévoit aussi une meilleure reconnaissance des violences au sein du foyer. À ces deux volets s’ajoute une clause visant à réglementer les armes à feu, notamment les fusils d’assauts, et une extension de la peine capitale.  Le pari de Bill Clinton et de Joe Biden s’avère payant puisqu’ils réussissent à ranger en ordre de bataille le camp démocrate, notamment le caucus noir représentant les élus afro-américains du Congrès, pour que ce nouvel arsenal judiciaire soit voté.

Le taux national de criminalité baissant de 21 % entre 1993 et 1998, les deux hommes politiques y voient les bienfaits du VCCLEA. La corrélation entre les deux n’est cependant pas probante ; d’autres facteurs explicatifs pourraient être pris en compte, notamment la baisse du nombre de consommateurs de crack et le vieillissement de la population. Par ailleurs, d’après une étude indépendante du Gouvernment Accountability Office, l’augmentation des effectifs de police n’aurait permis qu’une baisse de 2,5 % des crimes violents. Vingt-cinq ans après, l’efficacité et les conséquences de cette loi, particulièrement de son premier volet, sont discutées par l’aile gauche du Parti démocrate. En effet, elle a fortement contribué à la hausse du taux d’incarcération aux États-Unis notamment pour les Afro-américains très largement surreprésentés parmi les prisonniers. En 2010, le pays compte 2,2 millions de personnes derrière les barreaux dont 37 % sont noires. Autre chiffre éloquent, 47 % des déclarations d’innocence après des erreurs judiciaires concernent cette communauté depuis 1989. Bill Clinton et Joe Biden reconnaissent en 2015 la responsabilité du VCCLEA sur l’incarcération massive des Afro-américains au cours des deux dernières décennies. Pour autant, le candidat démocrate ne renie pas son travail et continue d’avoir le soutien de hauts responsables politiques afro-américains tel que Jim Clyburn. Dans une interview récente publiée dans le livre de Sonia Dridi « Joe Biden, le pari de l’Amérique anti-Trump », ce dernier tempère les critiques : « Beaucoup d’entre nous au sein du Caucus Noir ont voté en faveur de cette loi. Le crack, la cocaïne, vous n’imaginez même pas à quel point c’était un fléau dans la communauté afro-américaine. ». Du VCCLEA, cependant, seul le second volet consacré aux violences faites aux femmes fait aujourd’hui consensus.

Vice-président du premier président noir, un tournant dans cette relation

Jusque dans les années 2000, l’image de Joe Biden est donc celle d’un démocrate plutôt conservateur, peu concerné par la situation des Afro-américains. Un nouveau tournant s’opère dans sa carrière politique lorsque Barack Obama le choisit en 2008 comme colistier pour la vice-présidence. Ce dernier cherche à rassurer les conservateurs du Parti démocrate et a besoin d’un coéquipier d’expérience à ses côtés pour renforcer sa candidature. De ce fait, le ticket semble équilibré et rassure les plus sceptiques. Barack Obama n’est pas rancunier. En proposant ce poste à Joe Biden il tire un trait sur les propos ouvertement racistes tenus par ce dernier à son encontre. Le sénateur du Delaware, candidat lui aussi à la primaire démocrate de 2008, a en effet affirmé quelques mois plus tôt que « Monsieur Obama est le premier Afro-américain populaire, qui est intelligent, s’exprime bien et propre sur lui ». Difficile d’imaginer à ce moment-là que les deux hommes travailleront main dans la main durant huit années. Au-delà de leur relation professionnelle, Barack Obama et Joe Biden nouent même une réelle amitié. Le président américain prononce d’ailleurs l’éloge funèbre du fils de Joe Biden, Beau Biden, décédé en mai 2015 d’un cancer du cerveau. Le 44ème président des États-Unis conclut même sa présidence en remettant à son vice-président la médaille présidentielle de la Liberté, plus haute distinction civile américaine. Cette cérémonie, pendant laquelle Joe Biden fond en larmes, vient sceller officiellement le lien qui unit les deux hommes. Plus tard, lors de son discours d’adieu, Barack Obama emploie des mots forts pour le remercier : « A Joe Biden, le gosse fougueux de Scranton devenu sénateur du Delaware, tu es le premier choix que j’ai fait en tant que nominé, et c’était le meilleur. Pas seulement parce que tu as été un excellent vice-président, mais parce que par la même occasion, j’ai gagné un frère. Nous vous aimons, Jill et toi, comme si vous étiez notre famille, et votre amitié est une des grandes joies de notre vie. ».

Ces deux mandats de vice-président redorent son image auprès des Afro-américains. Pour l’illustrer, à la question « Pourquoi les Afro-américains soutiennent Joe Biden ? » posée fréquemment par des supporters déçus de la défaite à la primaire de Bernie Sanders, une internaute répond dans un message devenu viral : « Il a été le premier homme blanc à se mettre au service d’un homme noir au sommet de l’État et ça nous ne l’oublierons jamais. ».

Joe Biden, en ayant pris fait et cause pour Barack Obama pendant huit ans, en l’ayant accompagné et défendu face aux attaques répétées et parfois ouvertement racistes du camp conservateur, a fait preuve d’une loyauté à toute épreuve envers le premier président afro-américain. Ce détail, qui n’en est pas un, permet de mieux appréhender le caractère paradoxal et ambigu de la relation qu’entretient Joe Biden avec la communauté noire. En devenant le soldat et le compagnon de route de Barack Obama, en protégeant ses arrières, il a su se racheter. C’est cette sincérité qui est perçue par les électeurs.

La dette de Joe Biden auprès des Afro-américains

Après deux échecs en 1988 et 2008, Joe Biden se lance dans un dernier tour de piste en se présentant à la primaire démocrate pour l’élection présidentielle de 2020. Bien mal embarqué suite à des résultats catastrophiques en Iowa, dans le New-Hampshire et au Nevada, l’ancien vice-président semble proche de l’abandon. Le scrutin en Caroline du Sud sera décisif. L’électorat démocrate de cet État est majoritairement constitué de citoyens noirs et Joe Biden mise tout sur leur soutien. Avec l’appui du sénateur Jim Clyburn, ancien leader du Mouvement des droits civiques, il gagne haut la main le scrutin avec 48,65 % des voix, loin devant ses concurrents, et reprend espoir. Peu importera l’énorme mensonge sur son emprisonnement en Afrique du Sud pour rendre visite à Nelson Mandela, la machine Biden ne s’arrêtera plus jusqu’à sa désignation comme candidat démocrate à la présidence, dès la mise en retrait de Bernie Sanders, son principal adversaire. Les électeurs afro-américains de Caroline du Sud lui ont donc offert la survie et la possibilité de devenir le 46ème président des États-Unis. Cette main tendue à un candidat au bord de l’abandon est un acte fort et le signe d’une bienveillance à son égard. C’est aussi et sûrement la nostalgie des années Obama qui a joué en sa faveur. Quelles-que soient les raisons de ce sauvetage, Joe Biden vient de contracter une dette immense envers les électeurs afro-américains en ce 29 février 2020.

Pour autant, « Joe la gaffe » comme le surnomment certains de ses détracteurs, ne peut se retenir d’aller trop loin dans ses propos. En témoigne sa réflexion en mai dernier lors d’une interview avec Charlemagne Da God « qu’un Noir n’est pas un Noir s’il vote pour Donald Trump ». Il s’excuse le lendemain suite au tollé suscité par son propos. Cette phrase a au moins eu le mérite de mettre en lumière un système électoral qui piège la communauté noire aux États-Unis : un système qui favorise uniquement deux partis. les Afro-américains se retrouvent en effet presque contraints de voter pour le Parti démocrate, quel que soit le candidat, tant le Parti républicain les néglige. Pourtant, les démocrates ont depuis bien longtemps abandonné les questions sociales et raciales. La parenthèse Obama n’aura pas été suffisante et aura engendré beaucoup de déception même si l’homme est aujourd’hui devenu une icône pour la communauté noire et la grande majorité des électeurs démocrates.

Très longtemps conservateur sur les sujets de l’intégration et du vivre ensemble, parfois ouvertement raciste, sa proximité avec Barack Obama semble avoir ramené Joe Biden sur un chemin plus acceptable. Il a la confiance d’une grande majorité des électeurs et élites politiques afro-américains. Surfer sur la nostalgie Obama ne sera pourtant pas suffisant, il faudra des preuves et des actes pour honorer la dette qu’il a contractée envers l’électorat noir. Alors que l’élection présidentielle américaine approche à grands pas, le taux de participation des Afro-américains pourrait se montrer décisif. Dans les États-clés, la défaite d’Hillary Clinton en 2016 s’est parfois jouée à quelques dizaines de milliers de voix. Joe Biden doit donc trouver les arguments et les leviers qui entraînera leur déplacement massif dans les bureaux de vote. S’il parvient à le faire et s’il devient le prochain locataire de la Maison Blanche, le candidat démocrate, d’origine irlandaise, se souviendra peut-être du proverbe d’Edmund Burke : « Il vient un temps où la tête chauve de l’abus ne s’attire plus ni protection, ni respect ». Saura-t-il en profiter pour définitivement faire oublier ses errements ?

https://www.cbsnews.com/news/2020-daily-trail-markers-90-of-black-likely-voters-back-biden-cbs-battleground-tracker-poll-finds-2020-08-19/

https://www.nytimes.com/2019/07/15/us/politics/biden-busing.html

https://www.washingtonpost.com/politics/biden-faces-backlash-over-comments-about-the-civility-of-his-past-work-with-racist-senators/2019/06/19/c0375d2a-92a8-11e9-b58a-a6a9afaa0e3e_story.html

https://www.washingtonpost.com/politics/bidens-tough-talk-on-1970s-school-desegregation-plan-could-get-new-scrutiny-in-todays-democratic-party/2019/03/07/9115583e-3eb2-11e9-a0d3-1210e58a94cf_story.html

https://journals.openedition.org/chs/1674

https://www.factcheck.org/2019/07/biden-on-the-1994-crime-bill/

https://www.prison-insider.com/articles/etats-unis-l-incarceration-de-masse-des-hommes-noirs-denoncee-dans-une-serie-photo

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Algérie, les louanges et la matraque

En Algérie, la contestation populaire est souvent louée par le régime qu’elle entend pourtant déboulonner. Le président de la République, son chef de gouvernement, ses ministres et quelques officiers supérieurs rivalisent pour dire tout le bien qu’il pensent du Hirak. Ce mouvement populaire pacifique est né le 22 février 2019, pour s’opposer à un cinquième mandat de M. Abdelaziz Bouteflika, mais il continue aujourd’hui de réclamer un changement politique profond et le démantèlement du « système » en place (…)


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L’Oncle Sam au Suriname et au Guyana : les nouveaux visages de la doctrine Monroe



Mike Pompeo a effectué début septembre une visite en Amérique du Sud avec des passages au Brésil, en Colombie, mais également, et pour la première fois pour un secrétaire d’État étasunien, au Guyana et au Suriname. Ces derniers font l’objet d’une attention particulière eu égard à leur potentiel pétrolier et minier. À l’ordre du jour de la visite du secrétaire d’État, trois sujets cruciaux pour l’administration Trump : le pétrole, la Chine et le cas vénézuélien. « Ce voyage soulignera l’engagement des États-Unis de défendre la démocratie, de combattre le Covid-19, tout en revitalisant nos économies pendant la pandémie et en renforçant la sécurité contre les menaces régionales », affirme le Département d’État. Alors qu’on assiste peu à peu à un retour de la doctrine Monroe, salué par le même Pompeo, quelles seront les conséquences d’une telle visite pour cette région du monde ?


Plateau des Guyanes, le nouvel eldorado de l’or noir pour les États-Unis

Le plateau des Guyanes est une zone géographique continentale localisée entre les fleuves Orénoque et Amazone en Amérique du Sud. Il est composé d’une partie du Venezuela et du Brésil (l’Amapa), du Guyana, ex-colonie britannique, du Suriname, ex-colonie hollandaise, et de la Guyane Française. Il s’agit en outre du plus grand espace forestier tropical continu et intact au monde, avec un sous-sol riche en pétrole, en or, en diamants et autres ressources naturelles, dont des terres rares. L’héritage frontalier dû à la colonisation fait qu’aujourd’hui il existe de nombreux conflits frontaliers dans la région. Toutefois ces conflits sont traités de manière pacifique par les États. Cependant, la visite de Mike Pompeo au Guyana risque de raviver un vieux conflit entre le Guyana et le Venezuela, qui, à terme, pourrait se transformer en conflit militarisé.

La découverte et l’utilisation de la technique dite de fracturation hydraulique aura permis aux USA de sortir de leur grande dépendance au pétrole venu du Moyen-Orient. En effet, avec le pétrole et gaz de schiste, la première puissance mondiale est devenue, au prix de destructions écologiques colossales[1], le premier producteur de pétrole au monde, devant la Russie et l’Arabie saoudite. Et, avant la crise sanitaire qui a secoué notre monde, les États-Unis produisaient plus de 10 millions de barils par jour et étaient exportateurs nets de pétrole.

Ainsi se composait le monde d’avant le coronavirus. Ce dernier, en obligeant le confinement de milliards de personnes à travers le monde a logiquement fait chuter la demande de pétrole et par la même occasion le prix de l’or noir. Or, la structure économique des exploitants de pétrole et gaz de schiste étasuniens, ainsi que la légèreté du produit, fait que le prix de rentabilité est beaucoup plus élevé que celui du pétrole conventionnel. En outre, quand le pétrole conventionnel saoudien est rentable à 5 dollars le baril, il faut entre 50 et 55 dollars pour que le pétrole de schiste soit intéressant à extraire. De plus, la guerre des prix que se sont livrés Russes et Saoudiens en début d’année a aggravé la situation des exploitants étasuniens. Aujourd’hui, le secteur pétrolier issu de la fracturation hydraulique traverse sa plus grande crise, les faillites s’enchainent et les cours de la bourse sont au rouge[2]. Tout cela, bien évidemment, porte un sérieux coup à la stratégie d’indépendance énergétique de Washington.

Rencontre pompeo et Santokhi au Suriname
Photo : Secrétaire d’Etat Pompeo/ US government Twitter account

De ce fait, et eu égard à la volonté des États-Unis d’être moins dépendants du pétrole du Moyen-Orient, les découvertes d’énormes réserves de pétrole au large du Guyana, par ExxonMobil, et du Suriname, par Apache et Total, attisent les convoitises étasuniennes. Au Guyana, c’est tout simplement le plus grand gisement de pétrole du monde, à ce jour, qui a été découvert. Les experts l’estiment à 8 milliards de barils, pour l’instant, car d’autres explorations sont en cours. De même au Suriname, voisin du Guyana, les explorations se multiplient avec l’espoir de trouver des réserves similaires à ceux de leur voisin. Déjà la société indépendante norvégienne Rystad Energy, à la suite de ses premières études, estime le potentiel à 1,4 milliard[3] de barils, pour l’instant. De quoi mettre en appétit l’ogre étasunien.

Le fait que deux entreprises étasuniennes soient en première ligne de l’exploration et de l’exploitation du pétrole dans la région, renforce le pouvoir d’influence que peuvent avoir les USA sur une région qui a vu la Chine étendre sa zone d’influence vers elle ces dernières années. Nous y reviendrons plus loin.

Mike Pompeo ne s’y est, d’ailleurs, pas trompé puisqu’un accord cadre a été signé avec le Guyana. Il vise à renforcer la coopération entre les deux États notamment sur les hydrocarbures et d’autres secteurs de l’économie guyanienne. Dans la même orientation, Mike Pompeo a assuré au président surinamais, Chan Santokhi, le grand intérêt que les entreprises étasuniennes portaient sur son pays et qu’elles étaient prêtes à les aider dans l’exploitation des gisements pétroliers[4].

Bien évidemment le but de ces visites est de sécuriser l’approvisionnement en pétrole des États-Unis, mais aussi de s’implanter durablement chez le voisin du Venezuela de Nicolas Maduro, afin de l’encercler et l’isoler du reste du continent.

Le Venezuela en ligne de mire de l’administration Trump

Depuis son accession à la Maison Blanche, Donald Trump a multiplié les déclarations belliqueuses à l’encontre du Venezuela et de son président, manifestant ainsi son hostilité au régime de Nicolas Maduro. Dès lors, la venue du secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, en Amérique du Sud ne pouvait se faire sans que le Venezuela ne soit au centre des discussions.

La tournée sud-américaine de Pompeo est, à ce titre, très parlante. Le secrétaire d’État a visité les trois pays ayant une frontière commune avec le Venezuela, c’est-à-dire le Guyana, le Brésil et la Colombie. Derechef, durant sa visite au Guyana, Mike Pompeo et le gouvernement guyanien, nouvellement élu, 5 mois après le scrutin[5], de Irfaan Ali ont signé un accord de coopération dans la lutte contre le trafic de drogues. Ainsi, il permet la mise en place de patrouilles maritimes et aériennes communes.

L’accord de coopération entre le Guyana et les États-Unis pourrait paraître anodin. Néanmoins, entre Georgetown et Caracas existe un vieux conflit frontalier[6] sur leur Zone Économique Exclusive (ZEE), actuellement traité à la Cour Internationale de Justice (CIJ). Le président Ali s’est empressé de déclarer[7], à la suite de la signature, que ces patrouilles n‘auraient pas d’incidence et que le Guyana ne risquait pas d’agression vénézuélienne… Toutefois, l’actualité récente, avec la multiplication des conflits maritimes, montre que la mer, riche en ressources naturelles, est sans doute devenue le nouvel espace conflictuel de notre siècle. (Voir entretien Pitron) Qui plus est, l’augmentation de la présence de l’Oncle Sam dans des eaux territoriales contestées par son ennemi vénézuélien n’est pas de nature à apaiser des tensions.

« Maduro doit partir ! »

Après son passage au Suriname et au Guyana, Mike Pompeo s’est rendu au Brésil. Et, lors de son passage dans la ville brésilienne de Boa Vista, frontalière du Venezuela qui a connu un afflux de migrants vénézuéliens ces dernières années, le secrétaire d’Etat a annoncé la couleur : « Maduro doit partir ! ».  Dans la foulée, la diplomatie brésilienne s’est alignée sur celle des États-Unis. Le Brésil a ainsi suspendu les lettres de créance des diplomates de la République bolivarienne. Déjà en début d’année Brasília avait déjà rappelé tout son personnel diplomatique posté à Caracas. Par conséquent, les deux États sud-américains n’ont plus aucune relation diplomatique.

Pour finir, le secrétaire d’État s’est arrêté en Colombie, le troisième pays frontalier du Venezuela. Sans même passer par la capitale Bogotá, Mike Pompeo s’est directement rendu devant le pont Bolivar qui réunit la Colombie et le Venezuela. Ivan Duque, président de la Colombie et Mike Pompeo ont ainsi pu, de nouveau, mettre la pression sur Nicolas Maduro, arguant à l’instar d’un rapport de l’ONU que le président vénézuélien avait commis des actes relevant de « crimes contre l’humanité ».

Le retour de la doctrine Monroe pour contrer la Chine

L’Empire du Milieu est un très gros consommateur de ressources naturelles et, aujourd’hui, il étend sa zone d’influence dans le monde afin de se garantir des approvisionnements stables. L’Amérique du Sud ne fait pas exception. En effet, la Chine est devenue en quelques années un partenaire privilégié des États sud-américains. Or, cette zone du monde est extrêmement riche en terres rares et en pétrole, comme nous l’avons souligné précédemment.

Les instruments d’influence de la Chine en Amérique du sud n’ont pas vocation à être originaux. En revanche, ils sont terriblement efficaces. Le premier instrument est celui de la dette. Au travers de la banque de développement de Chine et de la banque d’import/export de Chine, c’est 133 milliards de dollars qui ont été prêtés aux cinq pays les plus dépendants de l’État chinois, dont la moitié uniquement pour le Venezuela.  Ces cinq pays que sont le Brésil, le Venezuela, l’Argentine, l’Équateur et la Bolivie sont également des pays dont le sol est extrêmement riche en terres rares et autres ressources minières.   « Le continent sud-américain est en effet riche en métaux rares et pourrait bien en posséder près de 40 % des réserves mondiales. En dépit de cette abondance, les ressources d’Amérique latine restent sous-exploitées. Pourtant, les exemples attestant de la richesse du continent sont légion. La Colombie foisonne de coltan, le sol brésilien abonde de niobium, tandis que l’Argentine, le Chili et la Bolivie regorgent de lithium  »[8]. Il appert que 88 % de ces prêts concernent des projets d’infrastructures et d’énergie…

Le second instrument, lié au premier, est le financement d’infrastructures, permettant l’amélioration des échanges avec la Chine, via le Pacifique notamment, mais aussi d’offrir des débouchés aux entreprises chinoises.

 

Les pays sud-américains et infrastructures chinoises
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Lors du sommet Chine-CELAC (Communauté des États Latino-Américains et de la Caraïbe) de septembre 2018 au Chili, plusieurs États sud-américains avaient manifesté l’envie de rejoindre ce grand programme d’investissement. Ce qui avait provoqué l’ire de Washington, estimant que le modèle de développement étatique proposé par la Chine appartenait au passé et pouvait avoir des conséquences néfastes pour les pays de la région[10]. En échos à cette déclaration de l’époque, Mike Pompeo a surenchéri durant sa visite à Paramaribo et affirmé que les américains (sic) ne s’engagent pas dans le capitalisme prédateur, contrairement à la Chine. Ainsi le secrétaire d’État fait l’impasse sur près de deux siècles de prédations et de relations tumultueuses entre les firmes étasuniennes et les États sud-américains. Heureusement, tout cela est très bien compilé dans le merveilleux livre d’Edouardo Galiano, Las venas abiertas de america latina

A ce titre, les États-Unis, conscients de leur retard et de leur dépendance à la Chine dans le domaine minéral, construisent une stratégie pour contester cette hégémonie chinoise en ce qui concerne les métaux rares. Cette contestation se fait sur tous les théâtres du monde où la ressource est présente, mais aussi, et tout naturellement, en Amérique du Sud. Pour ce faire, le gouvernement Trump réactive les ressorts de la doctrine Monroe, du nom du président James Monroe (1758-1831). Cette dernière vise à faire de l’Amérique du sud la chasse gardée de Washington et l’espace naturel de son hégémonie, qui ne saurait souffrir d’aucune concurrence venue d’Europe ou d’Asie.

Le principal instrument de ce retour à la doctrine Monroe est l’Organisation des États Américains (OEA)[11]. Depuis l’arrivée, en 2015, de Luiz Almagro à la tête de l’organisation, on constate une nette orientation à la reconstruction de l’hégémonie étasunienne sur l’Amérique du sud. C’est notamment ce qui s’est passé avec le coup d’État en Bolivie. Où la mission d’observation du scrutin présidentielle bolivien de L’OEA a semé la zizanie en évoquant « un changement de tendance inexplicable » dans le comptage des voix. Ce rapport sera contesté par plusieurs études statistiques très sérieuses, notamment le Center for Economic and policy Research (CEPR). Ces derniers expliquent ce « changement de tendance » par un comptage tardif de zones favorables au président Morales. Qu’à cela ne tienne, le mal était déjà fait, et Jeannine Anez, beaucoup plus favorable aux États-Unis que Morales, s’est autoproclamée présidente par intérim du pays. (Lire dossier Bolivie) Avant d’annoncer, tout naturellement, son soutien à Almagro en vue de sa réélection à la tête de l’OEA…

La visite de Mike Pompeo en Amérique sud, et plus précisément sur le plateau des Guyanes, marque une étape importante dans le retour de la fameuse doctrine Monroe. Les États-Unis ont ici un triple objectif : assurer un approvisionnement en pétrole et métaux rares, isoler le Venezuela de Maduro et contester l’influence de la Chine sur la région. Pour chacun de ces objectifs le risque de conflit militarisé existe, notamment avec le Venezuela. In fine, on peut légitimement se demander où sont la France et l’Europe, qui avec la Guyane française disposent d’un positionnement stratégique, dans ces moments qui engagent l’avenir de cette région ?

 

[1] https://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/RAOUL/47082

[2] https://www.challenges.fr/entreprise/energie/alerte-rouge-pour-le-petrole-de-schiste-americain_716076

[3] https://www.waterkant.net/suriname/2020/09/22/olievondsten-in-suriname-goed-voor-14-miljard-vaten/

[4] https://www.waterkant.net/suriname/2020/09/18/pompeo-amerikaanse-bedrijven-willen-graag-investeren-in-suriname/

[5] liberation.fr/direct/element/au-guyana-lopposition-declaree-gagnante-des-legislatives-cinq-mois-apres-le-scrutin_117128/

[6] https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/venezuelaguyana-aux-origines-d-un-conflit-frontalier-ravive-par-exxon_3067161.html

[7] https://ift.tt/3jggEst

[8] https://lvsl.fr/comment-son-quasi-monopole-sur-les-metaux-rares-permet-a-la-chine-de-redessiner-la-geopolitique-internationale/

[9] https://www.areion24.news/2020/01/15/quand-la-chine-sinstalle-en-amerique-latine/

[10] https://www.senat.fr/rap/r17-520/r17-5203.html

[11] https://www.monde-diplomatique.fr/2020/05/LONG/61774

L’article L’Oncle Sam au Suriname et au Guyana : les nouveaux visages de la doctrine Monroe est apparu en premier sur Le Vent Se Lève.

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Débat du jour – Covid-19, la deuxième vague est-elle encore contrôlable?

C’était l’angoisse de la rentrée en France et ailleurs en Europe, et elle est en train de s’appuyer sur des indicateurs concrets. La résurgence de la pandémie de Covid-19 avec l’augmentation du nombre de cas positifs, et d’hospitalisations fait craindre une deuxième vague de mortalité importante comparable à celle du printemps.

C’est pourquoi les mesures restrictives s’enchaînent au grand dam des patrons de bars et de restaurants à l’arrêt complet à Marseille, et avec des limitations dans d’autres villes. Le mot “reconfinement” n’est plus tabou s’il devient nécessaire de protéger à nouveau le système sanitaire. Covid-19, la deuxième vague est-elle encore contrôlable ? C’est la question du jour.

Pour en débattre :Pr Olivier Bouchaud, chef du service de Maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital AvicenneJean Stéphane Dhersin, mathématicien, spécialiste de la modélisation des épidémies au CNRS et professeur des universités à l’Université Paris 13Dr Eric D’Ortenzio, médecin épidémiologiste et coordinateur scientifique à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

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Débat du jour – Covid-19, la deuxième vague est-elle encore contrôlable?

C’était l’angoisse de la rentrée en France et ailleurs en Europe, et elle est en train de s’appuyer sur des indicateurs concrets. La résurgence de la pandémie de Covid-19 avec l’augmentation du nombre de cas positifs, et d’hospitalisations fait craindre une deuxième vague de mortalité importante comparable à celle du printemps.

C’est pourquoi les mesures restrictives s’enchaînent au grand dam des patrons de bars et de restaurants à l’arrêt complet à Marseille, et avec des limitations dans d’autres villes. Le mot “reconfinement” n’est plus tabou s’il devient nécessaire de protéger à nouveau le système sanitaire. Covid-19, la deuxième vague est-elle encore contrôlable ? C’est la question du jour.

Pour en débattre :Pr Olivier Bouchaud, chef du service de Maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital AvicenneJean Stéphane Dhersin, mathématicien, spécialiste de la modélisation des épidémies au CNRS et professeur des universités à l’Université Paris 13Dr Eric D’Ortenzio, médecin épidémiologiste et coordinateur scientifique à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

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Le juge et la jeune fille assassinée

« Montrer Laëtitia vivante » : ainsi Jean-Xavier de Lestrade décrit-il son projet de fiction (Le Monde, 21 septembre), une série télévisée produite pour France 2 et diffusée les 21 et 28 septembre. Une série efficace et très construite, mais dont le choix des interprètes interroge. Sobrement nommée d’après son héroïne, la série revient sur un fait divers, le meurtre atroce en janvier 2011 d’une jeune fille dans une petite ville du pays nantais. Laëtitia Perrais a presque 18 ans, et partage avec sa sœur jumelle (…)


Contrebande

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Débat du jour – Le débat Trump/Biden peut-il changer le cours de la campagne présidentielle américaine ?

Cette fois, c’est la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine qui débute cette semaine avec demain le premier des trois débats télévisés entre Donald Trump et Joe Biden. Le président sortant républicain et son adversaire démocrate vont se rencontrer à Cleveland dans l’Ohio, l’un des états clés qui peuvent faire basculer l’élection le 3 novembre. Cette rencontre, ou plutôt cette confrontation tant la campagne est polarisée, sent la poudre. Donald Trump n’a pas de mots assez durs contre son adversaire qui se présente comme l’exact contraire du locataire de la Maison Blanche. Ce débat peut-il changer le cours de la campagne présidentielle américaine ? C’est la question du jour.

Pour en débattre :

Laure Mandeville, grand reporter au journal Le Figaro et auteure de « Qui est vraiment Donald Trump » aux éditions des Equateurs (2016)

Nicole Bacharan, politologue, spécialiste des Etats-Unis, co-auteure de « First Ladies », aux éditions Tempus (septembre 2020) et “Le monde selon Trump : tweets, mensonges, provocations, stratagèmes : pourquoi ça marche ?” éditions Tallandier

Paul Schor, historien, maître de conférences en civilisation américaine à l’université de Paris 

 

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Décryptage – Haut-Karabakh: quels sont les risques d’un conflit majeur?

C’est un conflit vieux de près de 30 ans qui a refait surface ce week-end.

De violents affrontements ont éclaté dans le Haut-Karabakh, région séparatiste de l’ouest de l’Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d’Arméniens. Azerbaïdjan et Arménie constituent les deux parties dans ce conflit mais la Russie et la Turquie ont également des intérêts. Depuis hier dimanche la communauté internationale multiplie les appels au calme. Le conflit peut-il s’intensifier, se propager? Quelles sont les clés de sa résolution?

Notre invité :- Gaïz Minassian, journaliste au Monde, enseignant à Sciences-Po et auteur de “Les sentiers de la victoire” édition Passés composés.

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Affrontements au Haut-Karabakh

Attaque de blindés azerbaïdjanais dans le Haut-Karabagh. français.rt.com-2020

Aujourd’hui, de violents combats ont opposé les armées arméniennes et azerbaïdjanaises dans les districts de Fizouli et de Jebrail dans la Région autonome du Haut-Karabakh (enclave arménophone, administrativement azerbaïdjanaise, occupée depuis 1991 par l’armée arménienne). L’armée azerbaïdjanaise affirme avoir pris le contrôle de six villages arménophones situés le long de la ligne de front. Les sources arméniennes rapportent quant à elles avoir abattu deux hélicoptères azerbaïdjanais, tandis que le Premier-Ministre arménien Nikol Pachinian appelle à la mobilisation générale. Alors que la Russie exige un cessez-le feu immédiat et la reprise des négociations, la Turquie d’Erdogan adopte une posture désormais systématiquement belliqueuse et « demande aux Turcs de soutenir par tous les moyens leurs frères azerbaïdjanais ».

Les affrontements survenus cet après-midi au Haut-Karabakh ne sont qu’un épisode de plus du conflit frontalier arméno-azerbaïdjanais subsistant depuis le début de l’époque soviétique dans la région.

République Souveraine appelle donc les deux belligérants à la retenue et réclame une solution politique régionale réunissant l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Russie et la Turquie sous le patronage du Groupe de Minsk afin de traiter la question du Haut-Karabakh et du Nakhitchevan, indissociable de celle du Nakhitchevan (enclave azerbaïdjanophone, administrativement azerbaïdjanaise en Arménie). République souveraine condamne également une nouvelle fois l’attitude de la Turquie d’Erdogan. Elle appelle à ne pas faire du Caucase le théâtre de l’expansionnisme turc par proxis interposés au détriment de la paix et des populations civiles. Pour ce faire, et alors qu’une stratégie néo-ottomane agressive de la part d’Ankara se dessine de la Libye au Caucase en passant par Chypre et la mer Egée, elle appelle les pays européens à moins de naïveté. 

Commission Affaires étrangères et Défense

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