Géopolitique, le débat – La crise du Covid: entre rupture et incertitude stratégique

La Chine fait montre d’une diplomatie aujourd’hui très libérée. On l’a vu avec les mises en scène autour des livraisons de masques.

Mises en scène d’autant plus spectaculaires que Pékin avait imposé de son côté aux pays sollicités de ne pas communiquer sur les dons de matériel qu’ils expédiaient à destination de la province du Hubei au début de l’épidémie.

En avril 1974, Deng Xiaoping alors vice-Premier ministre chinois, prononçait à la Tribune de l’ONU un discours resté célèbre dans lequel il affirmait que la Chine n’était pas une superpuissance et ne chercherait jamais à l’être. Les évènements indiquent aujourd’hui le contraire.

Indice de ce sentiment de superpuissance : l’agressivité des diplomates chinois à l’égard de l’Occident et, plus généralement, à l’égard de tous ceux qui osent critiquer la Chine. Ces diplomates belliqueux sont célébrés en Chine comme des loups combattants en référence à une production sino-britannique qui met en scène un Rambo chinois sauvant le monde. Le rapport de force entre la Chine et l’Occident est à l’évidence en train de changer. La doctrine diplomatique de Xi Jiping n’est pas celle de Deng Xiaoping.

Invités :- Jean-Jacques Roche, professeur de Science politique à l’Université Paris 2 et directeur de l’Institut supérieur de l’armement et de la défense. Ancien directeur de la formation, des études et de la recherche de l’IHEDN. Auteur de “Théories des Relations Internationales” (9e édition, Lextenso) et “Relations Internationales” (8e édition, chez le même éditeur). – Jean-François Di Meglio, président et cofondateur d’Asia Centre, centre de recherches et d’expertise indépendant sur l’Asie orientale et directeur de la publication Asia Trends dont le prochain numéro à paraître à l’automne 2020 sera consacré aux pensées politiques dans les espaces chinois aux XXe XXIe siècles. À paraître également chez François Bourin, “La Chine au risque des marchés” (ou “La diplomatie de jade”). 

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COVID-19 : les USA flambent, Wall Street exulte



En sacrifiant la santé des Américains sur l’autel de Wall Street, Donald Trump a pris le risque d’aggraver une catastrophe sanitaire qui se mue en crise économique et politique. Mais malgré l’explosion des inégalités sociales et la persistance de discriminations massives, le parti démocrate se préoccupe davantage du sauvetage des lobbies et des grandes entreprises que de la protection des ménages et des travailleurs. Ces multiples faillites politiques présagent d’un embrasement historique, dont les manifestations de ces derniers jours semblent un signe avant-coureur.


Fin avril, des kilomètres de bouchons se forment aux abords des centre de distribution d’aide alimentaire. Un mois plus tard, des dizaines d’émeutes frappent de nombreux centre urbains. Ces événements pourraient apparaître déconnectés, le premier étant la conséquence brutale de l’arrêt de l’économie pour contenir la propagation du coronavirus, tandis que le second résulte du décès de Georges Flyod des mains de la police de Minneapolis. L’un témoigne de l’ampleur des inégalités sociales, l’autre de la permanence des discriminations raciales. Mais ces deux phénomènes sociaux sont étroitement liés, comme l’impunité dont semble jouir les forces de l’ordre capables de tuer en se sachant filmées, et celle avec laquelle Wall Street profite du COVID-19 pour organiser le pillage des classes moyennes et populaires. La situation semble explosive, et l’avenir… dystopique.

Donald Trump avait défini sa doctrine en deux mots : America First. L’épidémie lui donne raison. Les États-Unis arrivent premiers en nombre de cas (un million huit cent mille), de décès (plus de cent mille), et de chômeurs (quarante et un millions). Ces chiffres alarmants masquent une réalité plus préoccupante. La mortalité serait largement sous-estimée, selon les autorités sanitaires dépendant de la Maison-Blanche. Idem pour les pertes d’emploi. Parce qu’elle a été construite de manière extrêmement bureaucratique afin de décourager les gens d’y avoir recours, l’assurance chômage sous-estime la situation. Le secrétaire au trésor Steven Mnuchin a reconnu que le taux était probablement supérieur de 5 points aux 15 % annoncés pour avril, et devrait rapidement atteindre les 25 %. [1]

Aux chômeurs s’ajoutent les nombreuses personnes payées via les commissions et pourboires, qui ont conservé leurs emplois mais vu leurs revenus chuter. Sans parler des vingt-sept millions d’Américains qui ont perdu leur couverture santé. Un problème en pleine pandémie, en particulier lorsque les hôpitaux et cliniques privées licencient des dizaines de milliers de soignants et docteurs pour répondre à la contraction de la demande de soins provoquée par le report des procédures médicales non-urgentes.[2] 

Ce drame social explique les longues files d’attente pour l’aide alimentaire. D’autant plus que la fermeture des écoles publiques, qui assurent normalement la gratuité des repas aux élèves issus des classes défavorisées, a placé un enfant sur cinq en situation de malnutrition. [3]

De même, le risque de crise immobilière devient alarmant. Selon certaines estimations, près d’un tiers des locataires ne sera pas en mesure d’acquitter son loyer, et plus d’un million de mensualités d’emprunts seront suspendues, au point de justifier un plan de sauvetage des courtiers en prêts immobiliers chiffré en milliards de dollars et de mettre en place un moratoire sur les évictions.[4]

Cette fracture sociale s’ajoute aux inégalités sanitaires. Le coronavirus tue majoritairement les plus pauvres, c’est-à-dire les Afro-Américains et les latinos.[5] Loin de s’en émouvoir, Donald Trump assume désormais le sacrifice de dizaines de milliers de personnes au nom du New York Stock Exchange. 

« Greed is good » : Trump et les Républicains sacrifient la population sur l’autel de la finance

Comme certains dirigeants européens, Donald Trump a d’abord minimisé l’épidémie et incité la population à « continuer à vivre normalement » avant de se montrer incapable de fournir un nombre suffisant de masques, tests et respirateurs. Mais cet échec patent, qui a permis au virus de se propager dans la population de manière fulgurante, ne s’explique pas seulement par une forme d’incompétence doublée d’impréparation. [6]

Le Financial Time et NPR ont révélé que Donald Trump a volontairement refusé de fournir des tests par crainte des résultats. Selon son gendre et conseiller Jared Kushner, un niveau alarmant de contamination risquait de provoquer la panique des places financières.

Une fois l’épidémie trop sévère pour être ignorée et la bourse de New York en chute libre, Trump a refusé d’endosser la responsabilité de la gestion de la crise, délégant aux gouverneurs des différents États la tâche de mettre en place les mesures de confinement et de se fournir en masques et équipements médicaux. Cela a eu pour conséquence immédiate la mise en concurrence des différents États entre eux, provoquant un cauchemar logistique qui a conduit à une augmentation des prix et des délais d’acheminement.

Les États gérés par des démocrates étant généralement plus densément peuplés et sévèrement touchés par l’épidémie, la gestion de la crise a rapidement pris la forme d’un combat politique partisan. Que ce soit pour obtenir du matériel, des financements ou simplement produire un discours cohérent, l’administration Trump a souvent mis des bâtons dans les roues des gouverneurs qui cherchaient à appliquer les recommandations officielles de la CDC, pourtant rattachée à la Maison-Blanche. 

Cela accentue le clivage politique et les logiques partisanes. Les électeurs démocrates, plus exposés au virus, se disent deux à trois fois plus inquiets que les électeurs républicains. Ces derniers s’informent par des médias qui minimisent le risque sanitaire. Moins exposés, ils vivent davantage la crise sur le plan économique. [7]

Face à l’explosion du chômage, des voix se sont élevées dans les sphères financières et les médias conservateurs pour critiquer le confinement, argumentant que le remède était pire que la maladie. 

Sensibles à cette curieuse logique qui suppose que la situation économique soit indépendante des choix politiques, des groupuscules financés et recrutés par des milliardaires d’extrême droite et des cercles d’affaires plus ou moins proches du parti républicain ont organisé des manifestations contre le confinement. [8] Elles ont rapidement pris la forme d’actions spectaculaires, que ce soient des opérations escargot menées dans les centres-ville à bord de pick up truck et autres véhicules de luxe, ou dans les parlements de certains états par des miliciens armés de fusils d’assaut. Des voies d’accès aux hôpitaux ont été bloquées et des soignants pris à partie par des manifestants arborant des drapeaux confédérés.

La portée de ces actions a été largement exagérée par les médias conservateurs, qui espéraient rallier davantage de participants, et par les médias démocrates en quête de sensationnel. Deux Américains sur trois affirment craindre un déconfinement trop hâtif et précipité, mais Trump a encouragé ces manifestations, bien qu’elles protestent contre les recommandations de sa propre administration, afin de se servir de ce moment pour entamer un virage stratégique : fini la lutte contre la crise sanitaire, place à la reprise d’activité.

Face au risque de pénurie de viande lié à la contamination de nombreux ouvriers travaillant dans les abattoirs, Trump a ainsi signé un décret obligeant la reprise du travail, quelles que soient les conditions sanitaires, afin de préserver « un service essentiel ».[9]

À l’échelle fédérale, aucune mesure sanitaire sérieuse n’est en place pour accompagner la reprise. L’improvisation et l’amateurisme du gouvernement sont consternants.

Pour éviter de nourrir l’inquiétude des Américains, Trump refuse de porter un masque en public. Même les dirigeants d’entreprises apparaissant à ses côtés sont contraints de le faire à visage découvert, pour rassurer le public et encourager la reprise. Ce faisant, Trump va à l’encontre des recommandations officielles et de l’obligation du port du masque en public instaurée dans de nombreuses juridictions. [10]

Donald Trump sacrifie la santé publique sur l’autel de l’économie, comme si ces deux aspects étaient mutuellement exclusifs. En cela, il est aidé par le Congrès et la banque fédérale, avec la bénédiction quasi incompréhensible de l’opposition démocrate. 

Explosion des inégalités : une tragédie politique en quatre actes

Bien qu’imparfaite, la réponse économique des principaux pays développés a consisté à maintenir l’emploi via des mécanismes de chômage technique subventionnés par l’État. 

À l’inverse, le Congrès américain a décidé de livrer sa population au chômage sans lui garantir une assurance maladie ni un revenu. Pendant ce temps, la Fed prenait une décision sans précédent : bannir le risque pour les investisseurs en bombardant les marchés d’argent frais. Pour le capitalisme financier, Wall Street est désormais un gigantesque casino où « à tous les coups on gagne ». Les profits sont réels, et les pertes épongées par la maison. 

Résultat, la bourse de New York renoue avec les sommets, tandis que 38 millions d’Américains se retrouvent sans emploi. Il s’agit ni plus ni moins du plus grand transfert de richesse jamais orchestré, dont les conséquences sont encore difficiles à appréhender. 

Le premier acte législatif, à l’initiative de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, avait pour but de répondre à la crise sanitaire en assurant la gratuité des tests de dépistage et en obligeant les entreprises à offrir quinze jours d’arrêt maladie, pour permettre aux personnes symptomatiques de rester chez elles. Pourtant, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a décidé de son propre chef d’exclure les entreprises de plus de cinq cents employés, laissant de côté près de 50 millions d’Américains. Les Républicains ont approuvé cette décision, que le New York Times dénoncera dans un éditorial au vitriol. [11]

Le deuxième acte législatif, nommé CARES act, doit répondre à l’urgence économique. Cette fois, le Sénat est à la manœuvre, sous la houlette de son président républicain Mitch McConnell. Sa proposition initiale se résume à un chèque en blanc de 500 milliards pour les grandes entreprises, sans aucune contrepartie, et un chèque de 600 dollars pour chaque Américain. Ce projet, initialement estimé à 700 milliards de dollars, est rapidement porté à 1000 milliards, Trump « aimant les chiffres ronds ». 

Les démocrates ont négocié de nombreux ajouts et concessions, en particulier la création d’un comité de contrôle pour superviser les prêts accordés aux grandes entreprises, une extension importante de l’assurance chômage (étendue à quatre mois et gonflée de 600 dollars par semaine), 150 milliards de dollars pour les hôpitaux et 360 pour les PME. Le chèque aux Américains a vu son montant doubler (à 1200 dollars par adulte et 500 par enfant), mais est limité aux ménages gagnant moins de 75 000 dollars par an et par adulte. Le coût final du CARES act s’élève à 2300 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB de la France.

Le président de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer s’est félicité d’avoir mis en place une « nouvelle assurance chômage sous stéroïdes » et Bernie Sanders a salué le fait que, contrairement à la crise des subprimes, les trois quarts des financements iront aux ménages et PME.

Mais cette aide temporaire ne traite aucunement sur le fond les pertes d’emploi ou les baisses spectaculaires de revenu, et va priver des millions d’Américains d’assurance maladie. Les chèques aux particuliers et aides aux PME vont mettre deux mois à arriver, du fait des lourdeurs bureaucratiques induites par le mode de distribution retenu. À l’inverse, l’aide octroyée aux grandes entreprises est immédiate. Elle vise à garantir les profits présents et futurs, via un mécanisme qui va redéfinir en profondeur le capitalisme américain. 

La Fed a ainsi mis à disposition de Steve Mnuchin, le secrétaire au trésor de Donald Trump et ancien cadre dirigeant de Goldman Sachs, un fonds spécial de 4000 milliards. Cette création monétaire sera utilisée en complément des 500 milliards d’aide aux grandes entreprises pour permettre des « effets de levier » afin d’arroser les marchés d’actions et d’obligations. Le tout à la discrétion de Mnuchin, le comité de contrôle négocié par les démocrates n’ayant qu’un droit de regard ex post. [12]

Wall Street a parfaitement compris le message. Un conseiller financier de JPMorgan écrivait récemment à ses clients qu’ils pouvaient s’attendre «  à ce que les marchés retrouvent rapidement les niveaux record pré-Covid, tant que l’outil monétaire restera mobilisé  ». 

Or, le directeur de la Fed a été on ne peut plus clair en déclarant qu’il « ne tomberait pas à cours de munitions ». Historiquement, la banque centrale intervient après l’éclatement d’une bulle financière. Là, c’est elle qui en gonfle une nouvelle, les investisseurs avertis n’ayant qu’à miser sur les produits et entreprises ayant ses faveurs.

Sous la pression des chiffres alarmants du chômage, l’aile gauche démocrate a voté le CARES act dans l’urgence, malgré ses problèmes évidents. Mitch McConnell a profité d’une procédure exceptionnelle pour imposer un vote expéditif et à l’unanimité au Sénat, sans amendements ni débats. Puis Nancy Pelosi a forcé la chambre des représentants à adopter le texte sans le modifier via un « vote à main levée », procédure permettant d’éviter la présence physique des 435 parlementaires. Justifiée par la crise sanitaire, elle possède l’autre avantage de garantir l’anonymat du vote.

Les vices du CARE act ne sont apparus qu’après. Par exemple, une niche fiscale introduite par les républicains a permis d’offrir 135 milliards de dollars de baisse d’impôts aux personnes gagnant plus d’un demi million de dollars de revenu annuel dans la finance et la spéculation immobilière.[13] De même, l’aide aux PME a été siphonnée par de grandes entreprises organisées selon le modèle de franchise, en particulier dans la restauration, et par des « petites entreprises » gérant des fonds spéculatifs et produits financiers, et mieux équipés pour obtenir les fonds rapidement auprès des grandes banques chargées de l’allocation des prêts. Ces banques ont amassé 10 milliards de dollars de profit dans l’opération, un cadeau indirect supplémentaire du CARES act pour Wall Street. Le plan d’aide aux PME a été un tel fiasco qu’il a justifié un troisième « acte » pour débloquer 450 milliards d’aide supplémentaire dans l’urgence.

Côté démocrate, seule Alexandria Ocasio-Cortez s’y est opposée. Elle s’est justifiée en citant l’absence de nouvelles mesures sociales, dénonçant le fait que les républicains n’avaient fait aucune concession. 

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Alexandria Ocasio-Cortez. ©Ståle Grut / NRKbeta

Ce qui nous amène au quatrième acte. Proposé par les démocrates à la chambre des représentants, ce texte baptisé « HEROES » doit combler les failles des packs précédents en se concentrant sur les ménages et les PME. Il avait été annoncé à l’aide du mot-dièse #putpeoplefirst (mettre les gens en premier, contrairement aux trois premiers actes) et devait servir de démonstration politique, afin de mettre Trump et les républicains au pied du mur. 

Du moins, c’est ce qu’avait annoncé Nancy Pelosi, en affirmant vouloir envoyer un « message ». Dans les faits, elle a ignoré les propositions de son aile gauche, malgré la mobilisation de sénateurs importants et de nombreux groupes de militants et d’ONG. Le résultat est un plan de 3000 milliards au contenu timide et politiquement désastreux.[14]

Au lieu de profiter de la crise pour étendre la couverture santé publique, Pelosi propose de recourir à un système mis en place par Ronald Reagan pour étendre la couverture santé des employés licenciés, nommé COBRA (sic). Ce plan, plus coûteux qu’une extension de l’Obamacare ou du Medicare, comme l’a démontré l’organe d’évaluation interne du Congrès (CBO), couvrira moins bien, et pour plus cher. Comment expliquer une telle ineptie ? Pour Jacobinmag, il s’agit d’empêcher qu’une extension des programmes publics n’agisse comme un cheval de Troie pour la nationalisation de la couverture santé (Medicare for all). D’où cette subvention massive aux compagnies d’assurances (estimée à 330 milliards) pour fournir une couverture santé aux nouveaux chômeurs sans remettre en cause le modèle privé.[15]

Le coronavirus expose les failles du système américain

Nancy Pelosi a refusé à sa minorité progressiste un plan de sauvegarde de l’emploi inspiré des mécanismes de chômage technique existant en Europe, malgré l’appui de sénateurs républicains. À la place, le HEROES act propose d’étendre la fameuse « assurance chômage sous stéroïdes » jusqu’au mois de janvier 2021, faisant officiellement des démocrates le « parti du chômage ». Pelosi a toujours déclaré qu’elle gouvernerait plus à gauche si elle n’avait pas pour impératif la défense des sièges les plus exposés aux républicains dont dépend sa majorité, typiquement défendus par des élus centristes. Mais ces derniers, contestés sur le terrain de l’emploi et débordés sur leur gauche par les républicains, s’allient de plus en plus avec leurs collègues progressistes contre Pelosi. En vain pour l’instant, le HEROES act ayant été adopté à la chambre des représentants. [16]

La cerise sur le gâteau reste le plan de sauvetage des entreprises de lobbyisme. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les dix mille lobbyistes qui travaillent à Washington ont formé une association pour se doter de leur propre lobby, afin de faire pression sur les élus pour obtenir leur propre plan de sauvetage. L’argument étant que sans lobbyistes, les législateurs ne seront plus capables d’écrire les prochains textes de loi.[17]

Officiellement, Nancy Pelosi a inclus cette demande dans le HEROES act pour contraindre les républicains à accepter les autres revendications démocrates. Mais puisque le texte a pour but d’envoyer un « message » et n’a aucune chance d’être voté par le Sénat, pourquoi inclure une telle aberration ? Surtout que ce texte prévoit des financements pour des groupes d’influence dotés d’un budget dépassant le milliard de dollars et s’étant illustrés par leurs attaques contre les démocrates, Medicare for All et Bernie Sanders.[18]

Le coronavirus aura ainsi exposé jusqu’au bout les faillites du système économique, social, mais également politique américain. 

Tandis que les inégalités explosent, Donald Trump et le parti républicain, dans une forme de « stratégie du choc », cherchent à supprimer les régulations environnementales et provoquer la faillite des programmes sociaux en refusant d’aider les états. De leur côté, les démocrates condamnent des millions d’Américains au chômage et aux aides sociales « sous conditions de ressources » tout en arrosant d’argent les lobbies, les grandes entreprises et Wall Street, sans contreparties. Depuis le début de la pandémie, un ménage américain sur deux a vu ses revenus diminuer. En même temps, la fortune des milliardaires a progressé de 435 milliards de dollars en deux mois. Vous avez dit dystopie ?

 

Notes et références :

  1. https://ift.tt/2Le9Psj
  2. https://ift.tt/2VTAAs1
  3. https://ift.tt/2XgHCb5
  4. https://ift.tt/2zpZkQ4 et https://ift.tt/2SseJpD
  5. https://ift.tt/3c0WVsW
  6. Lire notre article : https://ift.tt/2Uithtg
  7. https://ift.tt/2Tv5WDQ
  8. https://ift.tt/2RXxKQt
  9. https://ift.tt/3aUuSu5
  10. https://ift.tt/2zqv2wd
  11. Ibid 6.
  12. Pour la partie sur le CARES act, se référer à l’article suivant : https://ift.tt/2WqIedC (rolling stone) et celui-ci de The Intercept : https://ift.tt/2zSoJC8
  13. https://ift.tt/36J3dMv
  14. https://ift.tt/3dGS7Ka
  15. https://ift.tt/3gA9E9f
  16. https://ift.tt/2AKKkgb
  17. https://ift.tt/2YAxgnk
  18. https://ift.tt/36K8iny

 

 

 

 

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Géopolitique, le débat – Le religieux dans les relations internationales

Sur tous les continents, les forces religieuses notamment celles issues des grands monothéimes s’imposent comme des acteurs influents, sinon directs des affaires politiques nationales, régionales et internationales.

Comment expliquer ce retour du religieux alors que la période qui avait suivi la Deuxième Guerre mondiale avait plutôt été marquée par son effacement ? Comment la mondialisation a-t-elle changé le paysage religieux ? Lui a-t-elle seulement donné plus de visibilité ou le phénomène est-il plus profond ? Quelle place pour le religieux dans les relations internationales ?

Êmission en partenariat avec la RIS 117 : “Religions : l’ère des nouvelles influences”.

Invités :- Blandine Chelini-Pont, professeure d’Histoire contemporaine et de relations internationales à l’Université d’Aix Marseille. Auteure de “Géopolitique des religions. Un nouveau rôle du religieux dans les relations internationales”- François Mabille, chercheur au CNRS au sein du Groupe Sociétés, Religions, Laicités et Directeur de  l’Observatoire Géopolitique du religieux de l’IRIS- François Burgat, directeur de Recherche émérite au CNRS, Institut de Recherches et d’Etudes sur les Mondes Arabes et Musulmans, l’IREMAM.

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Débat du jour – StopCovid : recul des libertés ?

 Vantée par le gouvernement français, l’application de traçage numérique StopCovid devrait être disponible à partir de mardi prochain, dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement.Cet outil téléchargeable sur smartphone doit permettre de déterminer si une personne a pu être en contact avec un malade du coronavirus. Mais StopCovid soulève de nombreuses questions liées au respect des libertés : pour la mise en œuvre d’une telle application, quelles données seront récoltées ? A quelles fins ? Les détracteurs comparent StopCovid à un bracelet électronique. Quelles doivent être les limites au nom de la lutte contre le Covid-19 ? C’est la question du jour.

Pour en débattre :

 

Philippe Bas, Sénateur (LR) de la Manche, président de la commission des lois, président du comité de suivi de l’état d’urgence sanitaire

Eric Filiol,  expert en cryptologie et virologie informatique. Il enseigne L’école nationale supérieure d’ingénieurs de Bretagne Sud (ENSIBS) et à l’université de Moscou 

Kamel Ajji, Doctorant en droit à Paris 2 Panthéon-Assas et chercheur affilié à l’informatiion Society Project de Yale

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Décryptage – L’économie du sport en danger ?

La plupart des championnats européens de football reprennent après quasiment 3 mois d’arrêt. Un soulagement pour le secteur, très inquiet de l’impact économique de la crise du Covid-19.

Des conséquences qui pourraient s’avérer très lourdes pour le foot mais aussi pour les autres sports, professionnels et amateurs, car bien des questions restent en suspens : quand reviendront les spectateurs dans les stades ? Les sponsors seront-ils toujours au rendez-vous ? Comment gérer d’éventuelles nouvelles vagues épidémiques  ? L’économie du sport est-elle en danger ?

Nos Invités :- Pierre Rondeau, économiste du sport et co-directeur de l’Observatoire du sport à la Fondation Jean Jaurès- Arnaud Saurois, maître de conférence associé à la faculté des sciences du sport à l’université de Poitiers.

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Ouvertures

Il n’y a pas de plan tout armé. Il n’y a que des exercices de méthode, et de conséquence. D’abord poser ce que nous tenons pour nos orientations fondamentales ou nos urgences catégoriques. Ensuite, enchaîner logiquement nos idées à partir de là, c’est-à-dire en tentant autant que possible de les tenir à la hauteur de ce que nous avons posé. Or nous disposons d’un point de départ très assuré : le capitalisme détruit les hommes, et il détruit la planète (et par-là re-détruit les hommes, mais d’une autre (…)


La pompe à phynance

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Décryptage – Comment la chloroquine est-elle passée d’espoir de molécule miracle à traitement banni ?

La chloroquine ou ses dérivés, présentés par certains comme un traitement miracle contre le Covid-19, d’autant plus prometteur que le médicament existe déjà et qu’il ne coûte pas cher, seraient non seulement inefficaces, mais aussi dangereux pour certains patients.

C’est ce qui ressort d’une étude publiée par la très prestigieuse revue The Lancet, il y a quelques jours. Et les résultats sont pris très au sérieux : la France ne l’autorise déjà plus comme traitement, l’Organisation mondiale de la Santé a suspendu ses essais cliniques sur la chloroquine.Alors assiste-t-on au même emballement qu’au début, mais en sens inverse ? Comment la chloroquine est-elle passée si vite d’immense espoir à traitement médical banni ?

Nos Invités :- Dr Michel Yao, responsable des opérations d’urgence de l’OMS en Afrique- Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’AP-HP Hôpital Saint-Antoine et auteur de la tribune “Covid-19 et chloroquine : comment sortir de cette situation par le haut”.

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Brader la culture pour soutenir les hôpitaux ? La vente du mobilier national est un faux choix



Le mobilier national, un service du ministère de la Culture, a annoncé jeudi une vente aux enchères exceptionnelle de meubles de sa collection afin de « contribuer à l’effort de la Nation pour soutenir les hôpitaux ». Il s’agit d’une partie de ses collections qui sera cédée lors des Journées du Patrimoine, les 20 et 21 septembre, dont tous les bénéfices seront reversés à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, présidée par Brigitte Macron.


Selon le Figaro, une commission composée de conservateurs est en train de formuler une liste d’une centaine d’objets, majoritairement des meubles Louis-Philippe et du XIXe siècle, dont Hervé Lemoine, directeur du Mobilier, assure qu’ils n’auront « ni valeur patrimoniale, ni valeur d’usage ». En plus, dit-il cette liste sera établie à l’unanimité des conservateurs, afin d’éviter le procès en « dilapidation des bijoux de famille ».

Jusque-là, le Mobilier national, dont les origines remontent au Garde-Meuble de la Couronne, fondée au XVIIe siècle par Colbert, ministre de Louis XIV, vendait régulièrement quelques objets déclassés, sans en faire de grande publicité. Cette fois-ci, il s’agit d’un coup de comm’ qui devrait inquiéter tous les amateurs de la culture. En effet, si cette vente a lieu, elle pourrait faire jurisprudence non seulement pour la vente d’autres éléments du patrimoine et donc conduire à un morcellement progressif des collections publiques et la privatisation du monde culturel au nom de la solidarité nationale, mais aussi entraîner des détournements de biens publics ou une prise illégale d’intérêts.

L’inaliénabilité des collections publiques

Alors qu’outre leur appartenance à un style et une époque, les objets destinés à la vente n’ont pas été précisés, les collections nationales sont en théorie « inaliénables, insaisissables et imprescriptibles », comme le précise même le site du ministère de la Culture. Cet inaliénabilité des biens de l’État, une « personne publique » juridiquement parlant, remonte à l’Édit de Moulin de 1566 qui prévoyait l’inaliénabilité et l’imprescriptibilité du domaine de la couronne. Jugée comme la loi fondamentale du Royaume, elle était prononcée lors du serment du sacre et avait pour but de protéger les biens de la couronne contre les ventes excessives du pouvoir royal. Un roi ne pouvait pas, par exemple, vendre son héritage pour payer les dettes du Royaume. La métaphore de M. Lemoine quant à la dilapidation des bijoux de famille est donc d’une grande justesse historique. Mais cette règle était violée lorsque les biens étaient aliénés pour nécessité de guerre, comme ce fut le cas pour le célèbre mobilier d’argent de Louis XIV, fondu pour payer la guerre de la Ligue d’Augsbourg. La Révolution a donc conduit à son abrogation ; les biens de la Nation ont ainsi pu être aliénés lorsque le Royaume est devenu la Nation. Mais le principe d’inaliénabilité a connu une résurgence au XIXe siècle, notamment sous la plume de Pierre-Joseph Proudhon, qui estime que la personne publique n’est pas propriétaire du domaine public, mais simplement gardienne. Elle ne peut donc pas vendre ces biens.[1] 

Plus d’un siècle et demi plus tard, dans son rapport de février 2008, l’ancien directeur de cabinet du ministre des Affaires culturelles, Jacques Rigaud, fait écho à Proudhon en rappelant que l’État ne  devrait être considéré comme collectionneur, mais qu’au contraire il doit gérer et préserver le patrimoine légué par les générations précédentes pour les générations futures. Il n’est que le dépositaire de ce patrimoine qu’il doit transmettre intact et enrichi aux générations qui suivent. C’est une idée importante qui constitue la toile de fond de la notion même de patrimoine depuis la Révolution : les biens de la Nation, « trésors nationaux » et « monuments historiques » appartiennent à tous les citoyens.

Il existe pourtant une procédure de déclassement des objets des collections nationales et biens classés mise en place par la loi Musées de France du 4 janvier 2002. Le texte soumet la possibilité de déclassement d’objets des collections d’un musée de France à l’autorisation d’une commission scientifique dont la composition et le fonctionnement sont fixés par décret et exclut de cette possibilité les objets provenant de dons et de legs, ainsi que ceux acquis avec l’aide de l’État. Dans le rapport susmentionné de M. Rigaud, ce dernier regrette pourtant que les dispositions de cette loi « n’ont […] fait l’objet jusqu’ici d’aucune application pratique ».[2]

Les déclassements exceptionnels et stratégiques

L’histoire nous indique que la récente possibilité de déclasser et donc d’aliéner des objets de collections publiques a surtout servi d’outil diplomatique. Par exemple, l’année où la loi est entrée en vigueur, l’État a finalement répondu aux demandes de l’Afrique du Sud de restituer la dépouille mortelle de Saartjie Baartman, une femme khoïsan réduite en esclavage et exhibée en Europe pour son large postérieur où elle était surnommée « Vénus hottentote ». Les demandes de restitution de cette dépouille remontent aux années 1940 et ont fait l’objet d’une demande personnelle de Nelson Mandela en 1994. Avant 2002, les autorités du monde scientifique français avaient refusé ces demandes au nom de l’inaliénabilité du patrimoine de l’État. 

Ce n’est pourtant qu’en octobre 2009 que la première « véritable » procédure de déclassement fut déclenchée. À cette occasion, le Louvre a déclassé par obligation cinq fragments des fresques d’un tombeau égyptien datant de la VIIIe dynastie. Dispersés en 1922, le Louvre revendique les avoir « acquis de bonne foi ». Après la révélation de leur sortie illégale du territoire égyptien, l’Égypte avait fait pression sur le musée, promettant de suspendre toute collaboration archéologique avec le Louvre en attendant la restitution de ces pièces « volées ».

Une représentation de Saartjie Baartman, surnommée « Vénus hottentote, » sur une estampe intitulée ‘Les Curieux en extase ou les Cordons de souliers,’ 1815, gravure à l’eau-forte, coloriée ; 18,4 x 27 cm, © BNF, Paris / DR

Depuis ce « premier » déclassement et cette restitution, la procédure continue à s’appliquer, surtout aux œuvres dont la provenance s’avère douteuse, notamment sur le plan moral – comme cela a été le cas pour les têtes Maori du Musée de Rouen puis du Musée du Quai Branly, déclassées et restituées aux descendants maoris de la Nouvelle Zélande.[3]  Plus récemment, Emmanuel Macron a proposé la restitution des œuvres africaines aux anciennes colonies françaises, une promesse nébuleuse, aux arrière-goûts stratégiques sur un plan géopolitique et qui a quand même réussi à susciter la colère des professionnels des musées pour la transgression qu’elle représente de l’inaliénabilité des collections publiques.

Donc, bien que l’inaliénabilité des collections publiques ne soit pas inébranlable, celle-ci est, au mieux, une manière d’assurer la fonction de service public des musées et au pire, elle fait office de dernier rempart contre les demandes légitimes de restitution de biens pillés d’anciennes colonies françaises. 

Vendre la culture pour payer les dettes publiques

Dans leur rapport très controversé, Valoriser le patrimoine culturel de la France, les économistes Françoise Benhamou et David Thesmar évoquent le « danger de malthusianisme dans la gestion des collections nationales ». Ils ajoutent que « dans un contexte de finances publiques très contraintes, les collections nationales ont du mal à s’étoffer, car les financements pour acquérir de nouvelles œuvres, pour compléter, mettre en cohérence ou enrichir certaines collections, font défaut ».[4] Alors que leur argument vise à ce que les lois concernant l’inaliénabilité des collections s’assouplissent davantage, ils sont on ne peut plus clair quant à la destination des éventuels fonds accrus par la vente des objets : « Le revenu de la vente devrait exclusivement être affecté à des acquisitions nouvelles ».[5] 

L’un des moyens défendus par Benhamou et Thesmar pour « valoriser le patrimoine » est l’adoption d’un processus tel que le deaccessioning à l’américaine. Cette pratique permet à un musée d’art américain de céder un objet qu’il possède à une autre institution. Les objets peuvent être vendus ou échangés, mais le deaccessioning permet aussi à un musée de se débarrasser d’un objet en raison de son mauvais état. La procédure est encadrée par l’Association of Art Museum Directors (AAMD) qui contraint les établissements membres à obéir à des règles strictes. Par exemple, la ville de Detroit, en faillite avec un dette de plus de $18 millards, envisageait en 2013 de vendre un partie des collections du musée municipal Detroit Institute of Art, sur proposition d’un fonds d’investissement pour $3 milliards. Cette vente a été freinée à la dernière minute, en partie grâce au AAMD, qui dans une lettre ouverte adressée à Rick Snyder, gouverneur de l’état du Michigan, a menacé de retirer l’accréditation du musée, ajoutant :

« Une telle vente – même contre la volonté du personnel et de la direction du musée – ne serait pas en conformité avec les principes professionnels acceptés dans ce pays. Si une telle démarche s’effectue, ce serait une violation des lignes directrices d’administration des collections définies dans les Pratiques Professionnelles des Musées d’art de l’AAMD. Ce serait, par ailleurs, représenter une rupture de responsabilité de la ville de Detroit d’entretenir et protéger une ressource culturelle inestimable qui lui a été confiée pour le bénéfice du public  ».

La collection fut épargnée, mais la ville a dû céder la gestion du musée à un organisme privé à but non lucratif, qui a privatisé la gestion de la collection municipale et a restreint davantage le budget du musée. 

Des parallèles inquiétants

Tandis que la situation de la vente exceptionnelle d’objets de la collection du Mobilier national ne reflète pas encore la gravité de la situation à laquelle a été confrontée la ville de Detroit, elle laisse poindre certains parallèles qui indiquent un précédent potentiel inquiétant pour le futur des collections françaises. 

D’abord, comme à Detroit, la vente d’une partie de la collection est proposée pour combler un déficit budgétaire longtemps présenté par les pouvoirs publics comme la faute des dépenses publiques irresponsables car trop généreuses. Dans la ville américaine où est né le fordisme, ce sont les retraites payées à une population vieillissante d’anciens syndicalistes et servants publiques qui sont devenues la cible de Wall Street. Ces derniers ont encouragé les pouvoirs locaux à accepter des prestations aux conditions abusives, réclamant la privatisation des écoles, des transports et même des services de traitement de l’eau.

Le site du Mobilier national dans le 13e arrondissement de Paris © Roberto Casati.

En France, bien avant que nous ayons été submergés par la crise actuelle du Covid-19, les hôpitaux publics ont été déjà systématiquement affaiblis, devenus objets d’une conquête financière d’une grande ampleur. L’introduction en 2004 de la tarification à l’activité (T2A) pour aider à financer le système de santé qui représentait désormais 10 % du produit intérieur brut (PIB) alors qu’il en représentait seulement 6 % trente ans plus tôt, a eu pour effet la mise en concurrence des hôpitaux publics et des cliniques commerciales. Incités à gagner des parts de marché en augmentant l’activité financièrement rentable plutôt qu’en répondant à des besoins, les établissements ont dû réduire les coûts de production, à la fois augmenter les séjours et réduire leur durée, fermer des lits (70 000 en dix ans) et contenir la masse salariale, bloquer les salaires et comprimer les effectifs. 

La toile de contradictions qu’a tissée cette conception néolibérale de la santé a réduit l’hôpital public à une chaîne de production, créé des déserts médicaux dans les territoires ruraux et en ville, et  a permis la résurgence de maladies chroniques. Tandis que le nombre des passages aux urgences a explosé, nous avons observé le retour des épidémies infectieuses malgré plusieurs alertes ces dernières années, à l’instar de la crise de l’épidémie de bronchiolite à l’automne 2019.  

Un conflit d’intérêts

Maintenant que la catastrophe annoncée du Covid-19 est arrivée, le système de santé mis en danger par l’austérité est davantage estropié. Dans ce contexte, la vente des meubles du Mobilier national est présentée comme un secours, une sacrifice charitable sinon un mal nécessaire. La culture joue son rôle dans l’effort de la « Guerre » qu’Emmanuel Macron a déclarée lors de son allocution télévisée du 16 mars 2020 – mais les décisions politiques des dernières deux décennies dans une perspective de « start-up nation » du Président montrent qu’elle est tout le contraire. 

D’ailleurs, le fait que Brigitte Macron soit la présidente de la Fondation hôpitaux de France pose des problèmes sur le plan juridique. En tant que présidente de cet organisme privé, madame Macron est ce qu’on appelle une « personne privée ». Or les époux Macron ont pris cette initiative en tant que « personnes publiques » et auraient dû théoriquement le faire pour des motifs d’intérêt général. Porter la double casquette des genres public-privé est interdit par l’article 434–12 du code pénal qui sanctionne la « prise illégale d’intérêts ». Monsieur et madame Macron, en tant que personnes publiques, sont censés surveiller et administrer la décision de la vente. En tant que « personne privée », madame Macron, destinataire des sommes a un intérêt personnel privé, monsieur Macron en tant qu’époux de celle-ci, un intérêt personnel indirect également privé. La jurisprudence concernant cette infraction est de ce point de vue inflexible.[6]

Une fausse générosité

L’affaire sent l’opportunisme : le Mobilier national, qui avait été épinglé en début 2019 par un rapport de la Cour des comptes pour mauvaise gestion des fonds publics (5 millions d’euros alloués par an) aura l’occasion de faire bonne figure, en donnant l’impression de se sacrifier pour la Nation. 

En effet, afin de policer une décision de toute évidence sujette à caution, le Mobilier national a souligné son intention de soutenir les artisans d’art qui travaillent à la fabrication, la restauration et l’entretien du mobilier, avec une enveloppe de 450 000 euros. Mais l’argent que la vente des objets pourrait apporter aux finances publiques des hôpitaux voire même à l’enrichissement des collections est bien modeste en comparaison des 38,5 milliards d’euros payés en dividendes aux actionnaires des banques et assurances, des 171,5 milliards d’euros de dividendes placées par d’autres sociétés en France en 2018 ou bien des 30 à 80 milliards d’euros annuels estimés que représente l’évasion fiscale. De plus, entre 1992 et 2018, les exonérations de cotisations patronales ont représenté 570 milliards d’euros. Nous pouvons citer encore les 84,4 milliards des crédits d’impôt sans contrepartie donnés aux entreprises par le CICE entre 2013 et 2018.

Le capitalisme néolibéral avec sa doctrine d’austérité n’est peut-être pas directement responsable de la crise du Covid-19, pourtant ses effets néfastes sur les services publics et sur l’État social ont mis en relief de façon brutale l’inaptitude dangereuse de cette politique. Après le coronavirus, comment va-t-on préparer la prochaine crise ? Va-t-on continuer à éroder d’autres secteurs comme la culture ou l’éducation plutôt que de revendiquer un changement systémique ? Combien de trésors nationaux sommes nous prêts à déclassifier, à qualifier exceptionnellement « sans valeur patrimoniale, ni valeur d’usage » et à vendre avant de pointer du doigt celles et ceux dont le pouvoir ne cesse de prendre le pas sur l’intérêt collectif ?

 


  1. Pierre-Joseph Proudhon, Système des contradictions économiques, ou la philosophie de la misère, Paris : A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1867, p. VIII.
  2.  Jacques Rigaud, Réflexions sur la possibilité pour les opérateurs publics d’aliéner des œuvres de leurs collection, Rapport remis à Christine Albanel Ministre de la Culture et de la Communication, 20 février 2008, p. 34
  3. Jean-Marie Pontier, « Une restituions, d’autres suivront, Des têtes maories aux manuscrits Uigwe », AJDA, 19 juillet 2010, pp. 1419-1422
  4. Françoise Benhamou et David Thesmar, Valoriser le patrimoine culturel de la France, Direction de l’information légale et administrative, Paris, 2011, p. 99.
  5. Ibid., p. 79.
  6. Cette analyse repose sur le décryptage offert par Régis de Castelnau, « Privtisation et vente de la France à la découpe : Le Mobilier national maintenant », Vu du Droit, un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau, 1 mai 2020, [en ligne] URL : https://www.vududroit.com/2020/05/privatisation-et-vente-de-la-france-a-la-decoupe-le-mobilier-national-maintenant ; consulté le 2 mai 2020.

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Débat du jour – Le coronavirus affaiblit-il les dirigeants des démocraties et les démocraties elles-mêmes ?

Ils ont été élus, mais pas pour ça. Aucun dirigeant des démocraties occidentales ne s’attendait à devoir faire face à une crise comme la pandémie de coronavirus.

Tous s’y sont attelés avec des moyens, des discours et des résultats très variables en termes sanitaires, mais tous font face à des conséquences politiques plus ou moins importantes en termes de popularité.Emmanuel Macron en France, Donald Trump aux États-Unis ou Boris Johnson au Royaume-Uni perdent des points dans les sondages. Des préoccupations qui touchent évidemment moins les dirigeants autoritaires. Le coronavirus affaiblit-il les dirigeants des démocraties et les démocraties elles-mêmes ? C’est la question du jour. 

Pour en débattre :- Jean-François Bouthors, essayiste, journaliste, collaborateur de la revue Esprit et éditorialiste à Ouest-France. Co-auteur avec le philosophe Jean-Luc Nancy “Démocratie ! Hic et Nunc” aux éditions François Bourin et aussi d’une tribune dans le journal Le monde Coronavirus : « Seule la démocratie peut nous permettre de nous accommoder collectivement de la non-maîtrise de notre histoire »- Vincent Martigny, professeur en science politique à l’Université de Nice et l’École Polytechnique et chercheur associé au CEVIPOF, membre du Comité de rédaction de la revue trimestrielle Zadig et du 1 hebdo. Auteur de nombreux livres, dont le “Retour du prince”, aux éditions Flammarion.

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L’OMS sous perfusion des philanthropes



Depuis sa création, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est sujette à des critiques quant à sa gestion des crises. Ses réactions sont souvent jugées trop précipitées, ou trop laxistes. Ces décalages décisionnels résultent du poids des États membres ou de celui de riches fondations dans le fonctionnement de l’institution. Depuis les années 1980, l’OMS s’est adaptée aux idéologies dominantes et a dû peu à peu, par la contrainte financière, intégrer le secteur privé dans ses prises de décisions. Un choix lourd de conséquences. Par Rodrigue Blot et Jules Brion. 


Le changement de paradigme opéré par l’OMS

En 1919, l’Organisation d’Hygiène se structure sous l’égide de la fondation Rockefeller et de la Société Des Nations (SDN). Réaction directe à la Grippe Espagnole, l’institution a l’ambition de coordonner les actions de ses pays membres pour renforcer les systèmes de santé mondiaux. L’OMS moderne naîtra elle en 1948, 3 ans après l’adoption de la Charte des Nations unies. L’organisation tire alors la majorité de son financement des contributions fixes de ses États membres. En pleine guerre froide, les États-Unis et l’Union Soviétique se livrent une bataille d’influence dans le domaine humanitaire. Les uns tentent d’éradiquer la malaria tandis que les autres veulent trouver des solutions contre la variole. Parallèlement, les nations africaines fraîchement décolonisées des années 1960 plaident pour une approche à long terme pour renforcer leurs systèmes de santé. Si la compétition induite par la guerre froide apporte certains bénéfices sanitaires, cette période était loin d’être parfaite pour le monde de la santé. Le changement de paradigme de l’OMS dans les années 1980 va néanmoins saper la capacité d’action de l’institution.

Les philanthropes dirigent les programmes humanitaires vers des secteurs qui ne représentent pas un danger pour leur capital.

En 1979, des représentants de la Banque Mondiale, de la fondation Ford ou de l’Agence des États-Unis pour le développement international se rencontrent à Bellagio, en Italie. Cette rencontre sponsorisée par la fondation Rockefeller pose les bases de la politique du “Selective Primary Health Care” : réduction des coûts et interventions faciles à évaluer sont désormais préconisées. Parallèlement à ce changement de politique, les subventions fixes des États sont gelées en 1982 sous la pression des donateurs privés. Ces généreux philanthropes espèrent ainsi gagner un rôle plus important dans l’organisation. L’OMS ne contrôle en effet que le budget fixe accordé par les États, et n’a pas de droit de regard sur les contributions volontaires. Ces dernières sont pourtant passées de 53 % du budget total de l’organisation en 1998 à plus de 80 % aujourd’hui.

Le philanthrocapitalisme fragilise l’OMS

Si les philanthrocapitalistes affirment avoir pour seul objectif d’employer leur fortune personnelle pour résoudre les différents maux qui frappent l’humanité, cette gestion de l’intérêt général par les ultra-riches n’a rien d’anodin. La Bill et Melinda Gates Foundation (BMGF) est révélatrice de ce phénomène. Devenue récemment première contributrice de l’OMS, la fondation de la famille Gates collectionne les conflits d’intérêts avec l’univers de la santé. Ainsi, le capital de la BMGF est composé à 5 % d’actions McDonalds et à 7 % d’actions Coca-Cola. Peut-on dès lors imaginer cette fondation tenter de combattre le fléau sanitaire qu’est l’obésité au risque de voir son modèle économique s’effondrer ? La question mérite d’être posée. BMGF possède également de nombreuses participations dans le domaine de l’alcool, de l’armement ou même dans les industries pharmaceutiques, notamment GlaxoSmithKline, Sanofi-Aventis, Johnson & Johnson, et Procter & Gamble. Or, le cadre d’engagement avec les acteurs non-étatiques adopté par l’OMS en 2016 ne remet aucunement en cause ces conflits d’intérêt.

Pourquoi de riches capitalistes choisissent-ils de dépenser leur argent dans des organisations non-lucratives ? Cette question essentielle comporte trois réponses majeures.

Tout d’abord, la philanthropie permet de convertir du capital financier en bonne réputation auprès du public. Les programmes humanitaires sont conçus pour ne pas représenter de danger pour la fortune des philanthropes. Prenons l’exemple du programme d’éradication de la polio, le plus gros projet de l’OMS (27 % du budget en 2016 pour 894,5 millions de dollars). Ce dernier a largement été subventionné par la BMGF. La même année, l’OMS publie une liste des dix principales causes de mortalité dans les pays les plus pauvres. La poliomyélite n’y figure pas. Bill Gates promeut ainsi des plans à court et moyen terme, dont la réussite est bien plus facile à prouver et quantifier. L’OMS n’a aucun contrôle sur les contributions volontaires, ce qui laisse la plupart des programmes de long terme sous-financés. Ces derniers sont pourtant les plus efficaces car ils permettent d’augmenter la résilience des systèmes de santé, surtout dans les pays les plus pauvres.

Autre trait caractéristique du philanthrocapitalisme : les tentatives répétées de ces riches donateurs d’échapper à l’administration fiscale. La Fondation Gates, par ses stratégies d’optimisation et d’évasion fiscale, fait perdre jusqu’à 4,5 milliards de dollars au Trésor américain chaque année. Paradoxe total : les impôts servent, comme les fondations sont supposées le faire, à financer des programmes et infrastructures primordiales pour l’intérêt général. À l’occasion de son don de 30 milliards de dollars à la BMGF en 2006, Warren Buffett, une des personnes les plus riches au monde, avait ainsi stipulé qu’il ne voulait pas céder cette énorme somme à l’État américain.

Plus préoccupant, les entreprises privées peuvent également utiliser à leur avantage leur position dominante dans ces organisations. Bon nombre de documents montrent l’ingérence de l’industrie pharmaceutique dans la gestion de l’épidémie de la grippe H1N1 en 2009. Cette situation a mis en exergue les connexions entre certains experts de l’OMS et les multinationales de la santé. L’institution a surestimé l’impact du virus en le qualifiant trop vite de pandémie, au bénéfice des laboratoires producteurs de vaccins. L’OMS ne publiera qu’un an après la crise, sous la pression médiatique, la liste des personnes ayant participé à cette action précipitée. Un rapport du Sénat de 2009 montre le rôle majeur joué par Roy M. Anderson. Ce conseiller du gouvernement britannique a participé activement à l’élaboration d’une nouvelle définition de la pandémie par l’OMS ; cette dernière prend en compte les critères géographiques d’une maladie mais s’attache peu à sa gravité. Dès le premier cas de H1N1 apparu au Mexique, Anderson a recommandé deux antiviraux contre cette grippe qu’il a immédiatement qualifiée de pandémique. Or, l’épidémiologiste a omis de dire qu’il est parallèlement lobbyiste pour le laboratoire GlaxoSmithKline (dont BMGF est actionnaire) qui commercialise ces antiviraux.

De l’importance d’une OMS indépendante

Alors que les menaces sanitaires pesant sur l’humanité sont de plus en plus nombreuses, la coopération internationale à travers l’implication de l’OMS est primordiale. L’institution produit déjà des rapports sur les causes et les remèdes des nouvelles maladies apportées par les perturbations environnementales. La pollution de l’air a par exemple causé 3,7 millions de morts prématurés en 2012, pour la majorité dans les pays à faible revenu. L’augmentation de la fréquence des vagues de chaleur va également mettre en danger une part grandissante de la population : les événements caniculaires d’ampleur similaire à celui de 2003 sont en passe de devenir la norme. La proximité entre les villes et les espaces naturels va, quant à elle, augmenter la récurrence des épidémies de zoonoses dont le réservoir infectieux sont les animaux. Bien sûr, cette liste des conséquences du capitalocène n’est pas exhaustive.

Au vu de ces enjeux, il est certain que le monde bénéficierait d’une Organisation Mondiale de la Santé véritablement indépendante. Faire confiance à des ultra-riches, dont la fortune est souvent basée sur l’exploitation de ressources naturelles, pour endiguer des problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés ne va pas de soi. Des solutions existent pour reprendre le contrôle à l’élite mondiale d’un de nos biens communs le plus précieux : la santé.

Premièrement, si les multinationales peuvent avoir un droit d’observation sur la façon dont sont utilisés leurs dons, elles ne doivent plus pouvoir avoir de contrôle sur l’usage de leur argent. Si ces dernières donnent énormément de moyens à l’OMS, ne devraient-elles pas faire confiance en la capacité de l’institution d’œuvrer pour le bien commun ? Les professionnels de la santé ne sont-ils pas les mieux formés pour résoudre des maux d’une complexité absolue ? Évidemment, cela suppose que l’OMS donne confiance aux donateurs. Cette dernière doit donc devenir une institution totalement transparente, comme elle prétend déjà l’être, afin d’éviter tout conflit d’intérêt.

Ensuite, il faut reconnaître la politique néolibérale de gel des subventions fixes des pays membres pour ce qu’elle est : un désastre. Cette décision a justifié le remplacement des États par le secteur privé dans la protection du bien commun. Il faut que les contributions fixes des membres de l’OMS soient augmentées et obligatoires, suivies de sanctions et d’incitations, qui restent à être définies. En 1985, les États-Unis ont ainsi fait passer de 25 % à 20 % leur contribution au budget onusien. Le pays a voulu faire pression, en vain, pour que les votes des États membres des Nations Unies soient pondérés en fonction de leurs subventions à l’organisation.

Il n’existe pourtant pas de solution miracle : l’OMS reste soumise au bon vouloir de ses membres. Rien ne pourra empêcher les États d’utiliser les organisations transnationales à leur avantage pour protéger leurs industries et leurs intérêts. L’organisation onusienne n’aurait pas pu empêcher les pressions politiques de la Chine pour que l’OMS ne qualifie que très tardivement le coronavirus de pandémie. De même, l’institution ne pourra jamais condamner directement l’interférence de certains membres faisant pression sur l’OMS afin qu’elle ne réprouve pas l’utilisation d’armes à uranium appauvri. Il existe depuis 1959 un accord entre l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) et l’OMS. Ce dernier empêche de facto l’institution onusienne de la Santé de s’intéresser aux effets néfastes de l’énergie nucléaire.

Le fonctionnement opaque de l’institution onusienne est un avantage certain pour les acteurs qui la soutiennent financièrement. Plus qu’un moyen de faire le bien, l’organisation devient pour les entreprises et leurs dirigeants une vitrine à bas coût de leur générosité. Les pays membres, quant à eux, se servent de cette opacité comme d’un fusible en cas de crise : Donald Trump a récemment accusé l’OMS de mauvaise gestion dans la crise du Covid-19. Retirant ses contributions à l’organisation, il camoufle ainsi les ratés de son administration dans le contrôle de l’épidémie. En 1938, son prédécesseur Franklin Delano Roosevelt observait que “la liberté d’une démocratie n’est pas en sécurité si le peuple tolère la croissance du pouvoir privé au point qu’il devienne plus fort que leur État démocratique lui-même”. Il est temps d’en tirer les leçons : si nous voulons retrouver de réelles démocraties, il nous faudra irrémédiablement remettre en cause le système philanthrocapitaliste.

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